Le projet VerbaAlpina a d'emblée été conçu avec la perspective d'un usage web, devant contribuer de manière décisive à faire passer les traditions établies des sciences humaines, plus précisément de la géolinguistique, aux humanités numériques, ang. digital humanities (cf. Krefeld/Lücke/von Ehrlich 2014, Jannidis/Kohle/Rehbein 2017, Krefeld 2020b). Ce terme est maintenant établi, cependant ses deux constituants ne sont en aucune façon explicites et méritent chacun un commentaire méthodologique.
(1) numérique possède une multitude d'implications complexes:
- La base empirique de la recherche se trouve dans les données (cf. Schöch 2013), c.-à-d. des unités digitalement codifiées et structurées ou au moins structurables ; ici il s'agit pour une part de données déjà publiées puis numérisées (comme par ex. les matériaux des atlas les plus anciens), mais en partie aussi de données originales encore à relever. Dans les domaines conceptuels pertinents, on aspire à entrer dans la base une quantité constistante de données. La méthode est donc quantitative et dans une large mesure inductive.
- La communication scientifique utilise les ressorts médiatiques d'internet. Cela permet tout d'abord de relier par hypertexte différents médias (écriture, image, vidéo, audio) ; de plus, les chercheurs, les partenaires de coopération et/ou les informateurs peuvent communiquer et coopérer les uns avec les autres de façon continue.
- En procédant de cette façon, cette plate-forme scientifique et collaborative offre aux chercheurs la possibilité de participer activement à son développement. Cette perspective est utile et productive à au moins deux égards : elle permet d'inclure différents lieux de travail et surtout, de combiner constructivement technologie de l'information et géographie linguistique avec ressources publiques, ce sans devoir recourir aux services de sociétés informatiques privées (services d'assistance juridiquement et économiquement problématiques).
- Le savoir pertinent pour le projet pourra être accumulé et modifié de façon continue sur une longue durée, bien qu'une disponibilité permanente ne puisse pas encore être techniquement garantie (cf. sur ce point l'infrastructure scientifique CLARIN-D , page Web disponible seulement en allemand et en anglais). Sous cet angle, publier les résultats du projet en support matériel (livres, CD, DVD) n'est plus une préoccupation principale. Néanmoins une option, secondaire, d'impression sera installée, option qui est parfois aussi offerte par la lexicographie en ligne, de façon exemplaire par le Tesoro della Lingua Italiana delle Origini.
(2) Derrière le terme humanités se cache une conception bien spécifique de ce domaine de recherche, que le terme désuet de philologie ne peut décrire entièrement. Les domaines de la linguistique étudiant la langue parlée ont déjà dépassé cette tradition basée sur le texte. Ainsi, au regard de VerbaAlpina, le terme de linguistique numérique serait trop étroit car bien que l'accent soit mis sur les données linguistiques, on intègre délibérément des données extra-linguistiques, indispensables à une compréhension historique des rapports géolinguistiques.Krefeld, Thomas | Lücke, Stephan | von Ehrlich, Isabel (2014): Digitalianistica. Die italienische Philologie unterwegs in die digital humanities, in: Italienisch, vol. 72, 52-70
LinkJannidis, Foris/ Kohle , Hubertus/ Rehbein, Malte (2017): Digital Humanities. Eine Einführung, Stuttgart, Metzler
Krefeld, Thomas (2020): Digital Italian Humanities, München, in: Vorlesung dh-lehre,
LMU
LinkSchöch, Christoph (2013): Big? Smart? Clean? Messy? Data in the Humanities, in: Journal of Digital Humanities, 2-13
LinkAltenglisch (ISO 639-3)
Ludwig-Maximilians-Universität München