L'utilisation de ce que l'on appelle le Digital Object Identifier (DOI), traduit littéralement en français par “identifiant numérique d’objet”, suggère l’existence d’“objets numériques”. Cependant, pendant le développement du concept du DOI, il semblerait que ce soit principalement une représentation dominée par la dimension technique qui ait prévalu. Les DOI servent essentiellement à pouvoir trouver et consulter une ressource existante sur internet dotée d’une URL, même si le domaine de cette URL a changé. Une définition précise voire obligatoire de ce qu’est un Digital Object n’y est néanmoins pas liée. Par conséquent, les ressources accessibles via les URL et DOI sont très hétérogènes quant à leur contenu. Le seul point commun à toutes les instances correspondantes est qu’il s’agit de données ou de fichiers statistiques, ad hoc et cohérents d’un point de vue technique et interprétables sans aucun doute et qui peuvent être consultés, affichés et/ou téléchargés via un navigateur.

Pour le développement d’une réelle interopérabilité, il est toutefois indispensable que la dimension technique du concept DIGITAL OBJECT soit doublée d’une dimension conceptuelle. La dimension conceptuelle doit aussi être soumise à un système structuré contraignant, qui serait comparable aux vocabulaires contrôlés, comme ils sont par exemple utilisés par les bibliothèques pour l’identification des contenus de leur collection numériques et analogiques. Concrètement, il faudrait décider quelles entités pourraient recevoir le statut d’un Digital Object, à quoi devrait ressembler la structure interne logique de cet objet et quel schéma de dénomination devrait être utilisé. Une condition essentielle pour une mise en opération profitable d’un tel concept serait sûrement une fine sélection des bases de données. Ce n'est qu'ensuite qu' une mise en réseau efficace dans le sens d'une vraie interopérabilité peut être assurée, ce qui fait des mesures correspondantes un pilier essentiel dans l’application des critères FAIR.

La conception et l’adoption d’un système correspondant ou d’une procédure qui en découle ne peuvent pas être assurées par des projets individuels. Au contraire, il est indispensable de poser des jalons en matière de politique scientifique, ce que pourrait par exemple faire le conseil pour les infrastructures de l’information, en allemand RfII. Les consortiums en cours de création (2020) pourraient également s’efforcer de développer et d’établir des conventions correspondantes.

VerbaAlpina définit à titre expérimental les types morpho-lexicaux et les concepts collectés dans le cadre du projet ensemble avec les métadonnées associées à chacun d’entre eux en tant qu’objets numériques. Dans ce but, les données correspondantes sont stockées individuellement par type ou par concept dans des fichiers texte, qui sont accessibles via des URL et par conséquent également via des DOI. Ces fichiers sont en outre repris par la bibliothèque universitaire (UB) de la LMU. Ce faisant, les données sont en outre saisies dans des formats de métadonnées schématisées (DataCite pour les métadonnées génériques, CIDOC-CRM pour l’indexation en profondeur du contenu), ce qui permet d’accéder également aux objets digitaux via le catalogue de la bibliothèque.


Literatur: Hui 2012; Hui 2016; Krefeld 2018b .