Selon Georges le sens premier du latin cohors est un ‘lieu tout entouré de clôtures, la cour, l’enclos, spécifiquement pour le bétail, la cour où se trouve le bétail’. Par transfert métonymique, on obtient les sens de ‘quantité, de masse, de cortège’, de même que les sens connus spécifiques au domaine militaire (‘dixième section d’une légion, garde rapprochée’, etc.). Dans l’espace alpin, le sens premier a été conservé (‘place en plein air pour traire et dormir autour du chalet’), en plus d’un transfert métonymique proche concernant le bâtiment d’alpage qui s’est développé (comparer la polysémie analogue de la type de base malga).
Varrus expose deux origines du mot cohors qui lui semblent plausibles : selon lui, soit il se rapporte au verbe coorior et désigne ainsi le lieu autour duquel le bétail se « rassemble » (c’est la traduction de R.G. Kent [Varro. On the Latin Language, Volume I: Books 5-7. Translated by Roland G. Kent. Loeb Classical Library 333. Cambridge, MA: Harvard University Press, 1938]; ce sens est cependant difficile à concilier avec les sens attestés chez Georges, respectivement et surtout avec le sens premier de simplex oriri), soit, il entre en rapport avec le grec χόρτος qui de son côté se rapporte bien au latin hortus zusammenhängt (Varro, De Lingua Latina 5,88: cohors quae in villa, quod circa eum locum pecus cooreretur, tametsi cohortem in villa Hypsicrates dicit esse Graece χόρτον apud poetas dictam). Aussi bien hortus que χόρτος ont à l’origine un sens tout à fait similaire comme cohors (concernant χόρτος, comparer par exemple Il. 11, 774 oder 24, 640).